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Article 12 janvier 2026

Démarrez l’année 2026 sur de bonnes bases avec les meilleures pratiques pour les produits cosmétiques

L’entrée en force du Règlement (CE) n°1223/2009, aussi appelé Règlement cosmétique, a instauré l’exigence d’une conformité à de bonnes pratiques, c’est-à-dire des lignes directrices qui encadrent certains aspects du cycle de vie d’un produit cosmétique. Ce sont les bonnes pratiques de fabrication (BPF).

Mais à quoi correspondent-elles exactement ? Et comment les mettre en œuvre efficacement dans votre organisation ? Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon complet pour mieux comprendre les bonnes pratiques de fabrication appliquées à l’industrie cosmétique.

Bonnes pratiques de fabrication : de quoi s’agit-il ?

Les BPF sont des lignes directrices qui garantissent la qualité et la sécurité des produits cosmétiques.

Pourquoi les BPF sont-elles importantes ?

Si l’affaire du Talc Morhange a été l’élément déclencheur des premières réglementations des produits cosmétiques en France, puis en Europe, elle a surtout montré que la fabrication d’un produit cosmétique est une étape critique.

Le Règlement cosmétique entérine cette notion puisque l’article 8 énonce clairement « la fabrication des produits cosmétiques respecte les bonnes pratiques de fabrication […] ». En pratique, cela signifie que les organisations doivent mettre en œuvre des procédures strictes pour garantir la qualité de leurs produits à chaque étape. Les BPF cosmétiques jouent un rôle essentiel pour assurer la sécurité des consommateurs et minimiser les risques. Elles permettent de :

  • Réduire les risques de contamination tout au long du processus de fabrication
  • Réduire les erreurs humaines et techniques
  • Fournir une assurance de la qualité en maîtrisant les facteurs organisationnels, techniques et administratifs
  • Offrir une traçabilité complète pour identifier les causes de non-conformité et mettre en place des actions correctives.

En respectant ces lignes directrices, les fabricants renforcent leur capacité à délivrer des produits sûrs et conformes, tout en assurant la protection du consommateur. Les BPF ne sont donc pas seulement une exigence : elles sont un gage de qualité pour l’ensemble de la chaîne.

Comment mettre en place les bonnes pratiques de fabrication ?

La mise en place des bonnes pratiques de fabrication repose sur l’adoption d’un système de gestion qui garantit leur bonne application, à chaque étape du processus.

Le Règlement ne cite pas explicitement de texte de référence, mais précise que les BPF sont présumées respectées si la fabrication suit les normes harmonisées, c’est-à-dire principalement la norme ISO 22716, que l’on pourrait aussi appeler norme BPF, puisqu’elle donne les lignes directrices relatives aux BPF des produits cosmétiques.

Norme internationale, élaborée par consensus avec l’aide d’experts du secteur cosmétique, la norme ISO 22716 n’est pas la seule norme ISO cosmétique, mais c’est la plus connue. Elle n’encadre pas seulement la fabrication des cosmétiques, mais également d’autres étapes de production : contrôle, stockage et expédition. C’est un référentiel qualité, qui assure la maîtrise des facteurs humains, techniques et administratifs qui peuvent impacter la qualité du produit final. Elle permet ainsi d’obtenir un produit correspondant aux caractéristiques définies. Ses 17 chapitres abordent les différents aspects de la chaîne logistique qui sont :

  • Le personnel : formation BPF, les responsabilités de chacun, l’organisation et l’hygiène ;
  • L’équipement et les locaux : la conception des locaux, le nettoyage, la maintenance et le calibrage de l’équipement ;
  • La production : la gestion des matières premières, les opérations de fabrication et de conditionnement, les déchets, le stockage et l’expédition ;
  • Le contrôle qualité (encadré) ;
  • Le système qualité : documentation conforme, la réalisation d’audits internes, la gestion des modifications, des déviations, des réclamations et des rappels.

Il est important de former le personnel, de documenter chaque procédure et de mettre en place un système qui assure la traçabilité et le suivi des actions. Le respect des bonnes pratiques ne se limite pas à des prescriptions techniques : il s’inscrit dans une culture d’entreprise orientée qualité et sécurité.

Focus : le contrôle qualité dans la cosmétique

Le contrôle qualité des produits cosmétiques commence avant même la fabrication. La gestion de l’échantillonnage est fondamentale, afin d’obtenir des résultats représentatifs. Une fois les spécifications du produit fini établies (pH, viscosité, caractéristiques physico-chimiques, etc.), elles seront la référence lors des analyses de contrôle pendant la production, mais aussi pendant la commercialisation du produit. Il est également primordial d’établir un process de gestion des produits hors spécifications, et d’en investiguer les causes. Le contrôle qualité détermine également les conditions de libération du produit : à quelles conditions doit-il satisfaire pour pouvoir poursuivre son cycle de vie ? Toutes ces étapes visent à garantir au consommateur un produit de qualité constante.

Rappelons que la Personne responsable doit attester, dans chaque Dossier d’information sur le produit (DIP) que les BPF sont respectées. Elle doit également s’assurer que ses sous-traitants, s’ils existent, s’y conforment. Si la norme BPF ISO 22716 inclut la notion d’audit interne, il est préférable de faire certifier la conformité aux BPF par un prestataire agréé et reconnu. Cela évite de mauvaises surprises lors d’un éventuel contrôle des autorités de contrôle (ANSM en France, qui consacre environ un tiers de sa campagne de contrôle chaque année aux BPF). C’est également un gage de qualité pour les partenaires.

Quels sont les risques si les BPF ne sont pas appliquées ?

Sans respecter les BPF, la production d’un produit cosmétique expose l’entreprise à des conséquences lourdes, tant sur le plan réglementaire que pour sa réputation.

L’absence de procédures rigoureuses (locaux et matériel mal entretenus, personnel non formé) augmente le risque de contamination par des agents indésirables, compromettant ainsi la sécurité du produit.

Cela peut aussi provoquer des problèmes de qualité : des erreurs de formulation, des écarts de production, pouvant entraîner une non-conformité réglementaire et des sanctions des autorités de contrôle.

Côté consommateur, ces défaillances peuvent causer des effets indésirables plus ou moins graves allant d’irritations bénignes à des réactions allergiques sévères ou des infections. L’utilisation de produits non conformes peut donc avoir un impact sur la santé directe, particulièrement pour les populations sensibles comme les enfants, les personnes âgées ou celles ayant une peau fragilisée.

Les autorités peuvent imposer des mesures correctives comme le retrait des produits concernés. Les rappels massifs s’accompagnent généralement d’une couverture médiatique négative et de potentielles sanctions financières.

Comment former les équipes aux BPF ?

La bonne application des BPF dépend fortement de l’humain (hygiène, respect des procédures, etc.). Rédiger des guides sur les différents process ne suffit pas. Il est important que les collaborateurs comprennent quoi faire, pourquoi cela est nécessaire et comment le réaliser efficacement.

Tous les acteurs impliqués doivent être sensibilisés à leurs rôles et à leurs responsabilités pour assurer la sécurité du produit et limiter les risques de non-conformité. Ils doivent comprendre les exigences des bonnes pratiques de fabrication, les procédures internes et les conséquences des potentiels écarts.

Pour faciliter cet apprentissage, vous pouvez :

  • Mettre en place des modules de formation adaptés aux différents métiers et niveaux de responsabilité.
  • Intégrer des solutions flexibles comme la formation à distance pour toucher l’ensemble des équipes quand cela est possible.
  • Proposer des sessions régulières incluant des exercices pratiques et des simulations d’audit BPF pour renforcer les acquis

Au-delà du transfert de connaissances, la réussite du projet de formation passe aussi par l’engagement du personnel. L’objectif est que chacun se sente acteur de la sécurité des produits commercialisés.

Enfin, s’appuyer sur un outil PLM cosmétique adapté facilite la mise en œuvre et le suivi des BPF en permettant notamment de centraliser la documentation, d’accompagner les équipes dans leurs actions, de générer des alertes, d’assurer la traçabilité… autant d’atouts pour garantir les bonnes pratiques au quotidien.

Pour aller plus loin : les bonnes pratiques de laboratoire (BPL)

Contrairement aux BPF, les Bonnes pratiques de laboratoire (BPL), ne sont pas adossées à une norme, mais à des textes réglementaires (pour les cosmétiques, en France : le Code de la Santé Publique et l’arrêté du 10 août 2004 s’y référant). Cependant, dans le détail, elles font également intervenir diverses normes. Elles s’appliquent dans de nombreux domaines, comme les médicaments, les produits de tatouages, l’alimentation, l’environnement, etc. Pour les produits cosmétiques, le Règlement (CE) n°1223/2009 exige que les études de sécurité non cliniques nécessaires à l’évaluation de la sécurité d’un produit soit conforme aux BPL (ou à d’autres normes reconnues équivalentes). L’harmonisation internationale des BPL permet d’assurer la reconnaissance des études conformes BPL dans les autres pays.

Comme pour les BPF, l’objectif des BPL est de mettre en place un référentiel qualité autour de l’organisation et du fonctionnement des laboratoires (ou « installations d’essais » pour l’ANSM) réalisant des essais de sécurité non cliniques. Pour les produits cosmétiques, cela concerne tous les tests requis pour assurer de la sécurité du produit pour le consommateur n’incluant pas de sujet humain : tests de toxicologie, tests de tolérance, analyses microbiologiques, tests instrumentaux, etc. L’objectif des BPL est d’assurer la qualité, l’authenticité, la reproductibilité et l’intégrité des données obtenues à des fins réglementaires.

Comme pour les BPF, les BPL encadrent tous les aspects des études non cliniques : le personnel, les locaux, les procédures, le protocole des études, la documentation, etc. La méthode des 5 M résume ces principes :

  • Matières premières (identification, contrôle, gestion) ;
  • Matériel (identification, calibrage, entretien, procédures d’utilisation) ;
  • Méthode (détail, validation, vérification, disponibilité) ;
  • Main-d’œuvre (formation, qualifications) ;
  • Milieu (environnement et infrastructures).

Un laboratoire souhaitant mettre en place les BPL peut suivre deux procédures :

  • La procédure de vérification de conformité aux BPL : en France, c’est l’ANSM qui procède à cette vérification pour les produits cosmétiques. Si la vérification est positive, le laboratoire est donc certifié ;
  • La procédure d’accréditation : c’est le Cofrac (Comité Français d’Accréditation) qui en est responsable. L’accréditation prend en compte la compétence technique pour certains types d’analyses.

Conclusion

Qu’elles concernent la fabrication ou les études en laboratoire, les Bonnes pratiques (BPF et BPL) sont des piliers de la qualité des produits cosmétiques en Europe. Elles assurent la traçabilité nécessaire au contrôle du cycle de vie d’un produit, afin de satisfaire au principe fondamental de la réglementation cosmétique européenne : mettre sur le marché un produit sûr pour la santé du consommateur.

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